La possibilité de greffer du châtaignier (castanea sativa) sur chêne est évoquée depuis les plus anciens traités de greffage. Pratiquée à titre de curiosité et de façon marginale, la greffe du châtaignier sur chêne aurait connu un renouveau au XIXe siècle, face au fléau de la maladie de l’encre. Retombée à nouveau dans l’oubli avec l’utilisation des hybrides de châtaigniers japonais en tant que porte-greffe, cette technique pourrait être appréciable à la personne qui voudrait implanter un châtaignier en terrain calcaire.


 

1. Recherche documentaire.

Je vous propose une compilation des documents que j’ai pu récolter à ce jour sur le sujet :

 

Charles BALTET « L’art de greffer » (XIXè siècle)

« Le châtaignier accepte parfois le greffage sur chĂŞne, au moyen de jeunes plants semĂ©s en place ou nouvellement repiquĂ©s. On les greffera rez terre, en fente ordinaire ou sur bifurcation ; il est alors prĂ©fĂ©rable de greffer Ă  fleur du sol. Il existe un assez bel exemplaire de ce genre, greffĂ© sur chĂŞne, au jardin botanique de Dijon. En 1838, Jaumard greffait ainsi Ă  la pĂ©pinière dĂ©partementale de la Gironde, et Simon, au Jardin botanique de Metz, dès 1834. Charles Naudin, de l’Institut, a obtenu de bons rĂ©sultats, Ă  Antibes par la greffe du châtaignier sur chĂŞne Mirbeck. Au MusĂ©um, M. Maxime Cornu, professeur de culture, rĂ©ussit l’union de ces deux genres ; d’un rameau en sève, il dĂ©tache un greffon rudimentaire, dit bourgeon herbacĂ©, le taille Ă  double biseau et l’insère dans une lĂ©gère incision du gland du chĂŞne sessile, pratiquĂ©e sur la radicule, immĂ©diatement sous les cotylĂ©dons, au moment de la germination du gland. Ligature douce ; mise en sable, sous cloche, jusqu’à la vĂ©gĂ©tation : c’est le greffage embryonnaire. Les premiers essais remontent Ă  mars 1894. »

 

 

 

Charles BALTET « La pĂ©pinière » (XIXè siècle)

« Le châtaignier (page 389) : Nous avons rĂ©ussi le Châtaigner sur le chĂŞne ».

 

 

Eugène GUEDAN « Le jardinier Provencal », Ă©ditions Tacussel (XIX-XXè siècle)

Il [le châtaignier] se multiplie par semis ou par greffe sur franc ou sur chêne rouvre.

 

 

Méline, Jardinier en chef du Jardin Botanique de DIJON, dans LE CULTIVATEUR 1843

Plusieurs journaux d’agriculture ont annoncé que toutes les tentatives faites depuis quelques années pour obtenir des châtaigniers au moyen de la greffe de ces arbres sur le chêne, avaient été infructueuses ; cependant il ne faut pas, selon moi, désespérer encore, bien que le fait suivant vienne appuyer ce qu’ils disent, mais contre lequel je citerai quelques expériences personnelles qui me font penser que cette greffe peut réussir. Un châtaignier de LUCQUES ainsi greffé, donné en 1834 au Jardin des Plantes de DIJON par M. Gabriel Demeiz, est mort, il est vrai en 1839 ; mais ce châtaignier avait toujours été souffrant depuis sa transplantation : le sujet ne se développait pas avec vigueur, tandis que la greffe, au contraire, absorbant tous les sucs nourriciers de la plante , avait atteint un très grand développement. La rapidité de ce développement fit naître à la base de la greffe un bourrelet qui, portant le trouble dans la distribution des vaisseaux conducteurs de la sève, détruisit l’équilibre existant entre le sujet et la greffe, et la mort fut la conséquence immédiate de cette désorganisation. M’imaginant que des chênes obtenus de semis faits dans un bon terrain présenteraient une vigueur plus grande que des chênes transplantés, je semai des glands, et je greffai en fente et en écusson les sujets que je m’étais ainsi procurés ; une seule de ces greffes réussit, et ce fut une de celles en fente. Cette greffe s’allongea dans sa 1ère année (1839) de 1m,20 ; dans la 2ème les rameaux latéraux se sont développés de 0m,60 eu longueur et de 0m,35 seulement dans la 3ème année. J’eus soin de faire des incisions longitudinales depuis la base du sujet jusqu’aux 1ers rameaux latéraux de la greffe. Ces incisions eurent pour effet de faire développer l’arbre et la greffe d’une manière uniforme, et de mettre obstacle à la formation du bourrelet, qui commençait déjà à se manifester à la jonction de la greffe et du sujet. J’aurais obtenu le même résultat en ne faisant des incisions que sur le sujet. La sève qui se serait portée sur ces incisions pour les fermer aurait ainsi abandonné la greffe, et j’aurais été plus certain d’arriver à l’équilibre que je cherchais à établir entre le développement du sujet et celui de la greffe, afin d’empêcher la naissance du bourrelet. C’est ainsi que j’ai opéré plus tard, et en 1842, le bourrelet qui se formait à la jonction de la greffe et du sujet s’effaça entièrement ; l’arbre est d’une végétation admirable, et il a même porté quelques châtaignes. Je fis, au printemps de cette même année, 5 greffes semblables en fente, dont 4 ont parfaitement réussi ; une de celles-ci a été décollée par le vent, mais les 3 autres jouissent d’une très belle végétation ; toutes ont encore à leur base un bourrelet, qui, je l’espère, disparaîtra au moyen d’incisions longitudinales sur sujet, ainsi que je l’ai dit. Je laisserai également quelques jeunes pousses sur le dernier pour lui donner de la force et l’aider à conduire la sève. J’ai greffé aussi le chêne-liège et le chêne vert sur le chêne ordinaire ces greffes ont aujourd’hui un très bel aspect ; ce n’est que l’année prochaine que l’on pourra apprécier le résultat de ce nouvel essai, parce que ces greffes appartiennent à des arbres à feuilles persistantes, tandis que les chênes de notre pays, que j’ai employés comme sujets, sont à feuilles caduques.

 

Châtaignier greffé sur Chêne au jardin botanique de Dijon
Rapport de M. Weber.
Bulletin de la SociĂ©tĂ© d’horticulture de la CĂ´te d’Or, 1867.

C’est en 1834, deux ans après la fondation du nouveau Jardin botanique, que M. Meline, alors jardinier en chef, reçut de M. Gabriel, de Metz, un Châtaignier greffĂ© sur ChĂŞne, variĂ©tĂ© de Luc, celle donnait les meilleurs marrons ; d’oĂą la preuve que dĂ©jĂ , Ă  cette Ă©poque, on pratiquait cette greffe dans certaines pĂ©pinières.
Cet arbre, quoique plantĂ© dans des conditions en apparence favorables, ne vĂ©gĂ©ta que faiblement ; par suite de l’inĂ©galitĂ© de dĂ©veloppement, un bourrelet se forma Ă  l’endroit de l’insertion de la greffe (car le châtaignier a une croissance beaucoup plus rapide que le chĂŞne), et la mort en fut la consĂ©quence au bout de cinq annĂ©es d’une vĂ©gĂ©tation chĂ©tive.
Pendant ce temps l’habile jardinier avait pensĂ© que peut-ĂŞtre avec quelques prĂ©cautions on obtiendrait de meilleurs rĂ©sultats. En 1835 il sema dans un bon terrain bien prĂ©parĂ© des glands de chĂŞne blanc, Quercus penduculata Ehrh. Celui que de tous nos chĂŞnes a la croissance la plus prompte ; mais au lieu de faire ces semis en pĂ©pinière comme on le fait gĂ©nĂ©ralement dans ces circonstances, il les fit sur place pour ne pas ralentir la vĂ©gĂ©tation par une transplantation.
En 1839, cinq sujets Ă©taient assez forts pour recevoir la greffe. Deux furent greffĂ©s en fente Ă  40 cent.  au dessus du sol, tandis que les trois autres furent Ă©cussonnĂ©s la mĂŞme annĂ©e. De ces dernières greffes pas une seule ne reprit, pendant que les deux premières rĂ©ussirent parfaitement ; mais une ayant Ă©tĂ© dĂ©collĂ©e par le vent, il n’en resta plus qu’une, celle qui a produit l’arbre en question.
Les premières annĂ©es, elle vĂ©gĂ©ta très vigoureusement, car l’annĂ©e mĂŞme de l’opĂ©ration, elle dĂ©veloppe un scion de 1 mètre 20 cent.  de longueur ; la seconde annĂ©e des rameaux latĂ©raux se dĂ©veloppèrent de 65 cent.  de longueur et la troisième annĂ©e de 35 cent.  seulement.
Dès la seconde annĂ©e aussi le bourrelet se manifestait au point de jonction du sujet et du greffon ; mais au moyen d’incisions longitudinales partant du bourrelet pour se prolonger jusqu’Ă  la base du sujet (la sève, en effet, se portant sur ces incisions pour les refermer, faisait grossir le sujet en mĂŞme temps qu’elle abandonnait un peu le greffon), on obtient un Ă©quilibre parfait.
Aujourd’hui cet arbre, plein de vigueur et de santĂ©, dont le tronc mesure 1 mètre de circonfĂ©rence, tant que le sujet n’a que 80 cent.  de circonfĂ©rence du 70 cent.  de hauteur, donne annuellement de nombreux rejetons qui ne laissent aucun doute sur son identité ; il fructifie abondamment, mais rarement ; on y trouve mĂŞme des fruits passables. Car la plupart des graines sont par avortement dĂ©pourvues d’embryon, en nous savons que ce sont les cotylĂ©dons Ă©pais et farineux qui forment la totalitĂ© de la substance renfermĂ©e dans la graine. Dans les cas mĂŞme oĂą l’embryon existe, il acquiert tout au plus la grosseur d’une noisette, pour ensuite dessĂ©cher, sans arriver Ă  maturitĂ©.
Quelques personnes ont cru trouver la cause de cette stĂ©rilitĂ© dans la greffe dysgĂ©nère ; quant Ă  nous, nous l’attribuons plutĂ´t au terrain et au mauvais chois du greffon ; c’est qu’en effet le châtaignier, pour bien rĂ©ussir et fructifier abondamment, existe un terrain siliceux ou argilo-siliceux, chaud et meuble, tant que notre arbre se trouve dans une terre argilo-calcaire, froide et compacte, conditions très dĂ©favorables Ă  la fructification.
Maintenant, si nous allons rechercher l’origine des greffons, M. Meline nous a affirmĂ© les avoir pris sur un pied provenant d’un rejeton des bois de Perrigny près Dihon, oĂą autrefois, il existait nombre de gros châtaigniers, dont plusieurs ne donnaient pas de bons fruits. Il est donc très probable que le rejeton provenait d’un tel arbre.
Nous nous rĂ©sumons donc en conseillant aux personnes qui voudraient tenter cette greffe, de semer sur place des glands de chĂŞne blanc, Quercus penduculata Ehrb., ou Q. racemosa Lamk, espèce Ă  croissance assez rapide ; de pratiquer la greffe en fente aussitĂ´t que le sujet aura assez de force pour recevoir le greffon ; de faire l’opĂ©ration assez près de terre pour pouvoir pratiquer des incisions longitudinales sur toute la longueur du sujet sans inconvĂ©nient ; de choisir les greffons sur une bonne variĂ©tĂ© et très fertile ; prendre des extrĂ©mitĂ©s de rameaux, conne on devra toujours le faire pour les vĂ©gĂ©taux dont le canal mĂ©dulaire est très abondant : on pourrait, en procĂ©dant ainsi, obtenir d’assez bons rĂ©sultats dans un sol oĂą le châtaignier refuse de prospĂ©rer.
Ajoutons que cet arbre prĂ©fère l’exposition du midi et de l’ouest, qu’il aime les pentes des coteaux et le fond des montagnes peu Ă©levĂ©es ; qu’enfin, dans des conditions favorables, le châtaignier peut acquĂ©rir des dimensions colossales et atteindre un âge très avancĂ©.
Sans aller en Sicile voir le colosse du mont Gibel, au Châtaignier aux cents Chevaux, mesurant 53 mètres de circonfĂ©rence, auquel on prĂŞte 4000 ans d’existence, mais que l’on considère comme Ă©tant le rĂ©sultat de la soudure de plusieurs individus, il nous suffira de vous citer ceux de Montmorency, dont un, appelĂ© Jean-Jacques Rousseau, mesure 3 mètres 50 cent.  de diamètre ; et d’autres sont encore d’un volume plus considĂ©rable. Il en existe aussi un Ă  Robinson près Sceaux, sur lequel sont Ă©tablies plusieurs tentes de restaurants pouvant abriter chacune une douzaine de personnes.

J.-B WEBER,
Jardinier chef au Jardin botanique.

 

« GREFFE DU CHĂ‚TAIGNIER SUR LE CHĂŠNE », dans Almanach ou annuaire de l’horticulteur Nantais, 1854

Dans la deuxième et troisième annĂ©e de l’Annuaire de l’horticulteur Nantais, page 265 et 366, nous avons entretenu nos lecteurs de la greffe du châtaignier sur le chĂŞne ; nous croyons devoir leur faire connaĂ®tre aujourd’hui ce que M. le pasteur Lambert a publiĂ© sur le mĂŞme sujet, dans le n°6 (15 fĂ©vrier 1853) du journal « La vie des champs » :

« La culture du châtaignier, dit M. de Gasparin, s’Ă©tend de la rĂ©gion des oliviers sur celle de la vigne toute entière, et jusqu’Ă  celle des pâturages, sans pĂ©nĂ©trer dans celle des cĂ©rĂ©ales. Cette dĂ©limitation n’est plus exacte, depuis que l’ont sait obtenir dans une très-grande partie de la rĂ©gion des cĂ©rĂ©ales, de très-belles plantations de châtaigniers dont les fruits deviennent parfaitement mĂ»rs. Il est vrai que ce n’est pas par le semis, mais par un moyen artificiel, la greffe. On prend, en automne, de jeunes chĂŞnes de la grosseur du doigt, pour les transplanter dans une terre bien prĂ©parĂ©e et bien fumĂ©e, en ayant soin de leur conserver autant que possible leurs racines, et de les arroser tous les soirs pendant les trois premières semaines. Au second printemps après la plantation, ils sont beaux et vigoureux ; on les coupe alors Ă  0m16 au-dessus du sol, pour y appliquer une bonne greffe de châtaignier. Si la greffe prend, l’arbre se dĂ©veloppe donc aussi vĂ®te que les arbres fruitiers, et plus vĂ®te que le châtaignier sauvage ; dans le cas contraire, on rĂ©pète l’opĂ©ration le printemps suivant. Pour obtenir des marrons, on greffe sur la greffe du châtaignier un ou deux ans après. Ainsi traitĂ©s, les marrons ont meilleur goĂ»t que s’ils avaient Ă©tĂ© greffĂ©s immĂ©diatement sur le chĂŞne. On peut, par le mĂŞme procĂ©dĂ©, amĂ©liorer aussi le goĂ»t des châtaignes, lorsque celles-ci sont un peu amères, ce qui arrive quelquefois avec la greffe simple, mais jamais avec la greffe double. Les fruits de cette dernière dĂ©passent toujours en qualitĂ© ceux du châtaignier qui a fourni la greffe. Un an après l’opĂ©ration, le jeune arbre a acquis toute la force nĂ©cessaire pour pouvoir ĂŞtre transplantĂ© en lieu dĂ©finitif. Dans les rĂ©gions septentrionales, la transformation du chĂŞne en châtaignier est d’autant plus prĂ©cieuse, indĂ©pendamment des châtaignes, fruit si estimĂ© par les habitants du nord, cet arbre forme de très belles allĂ©es et orne on ne peut mieux les pelouses, les parcs et les routes.
En agriculture, il n’y a pas de petits faits. Ceux qu’on est tentĂ© de regarder comme tels, prennent souvent, quand on les applique sur de grandes superficies et dans des pays entiers, une importance qu’Ă  l’origine on Ă©tait loin de soupçonner. J’ai donc pensĂ© que celui-ci, que j’ai pratiquĂ© et vu pratiquer avec succès, mĂ©ritait l’attention de ceux des lecteurs de La vie des champs, qui pourraient en faire l’application. Ajoutons qu’ils en tireront surtout deux avantages : ils auront le plant sous la main partout oĂą le chĂŞne croĂ®t naturellement, et pourront l’Ă©lever eux-mĂŞme ; puis, en second lieu, ils abrĂ©geront le temps que le jeune arbuste reste sans produire, ce qui d’ailleurs ne nuira Ă  aucune des qualitĂ©s exigĂ©es dans le châtaignier. « 


Le n°9 de La vie des champs, publie page 65, la lettre ci-après adressée à son rédacteur :
« J’ai lu avec un vif intĂ©rĂŞt, dans le n°6 de votre journal, l’article de M. le pasteur Lambert : Greffe du châtaignier sur le chĂŞne. La terre que j’habite Ă©tant fort rapprochĂ©e de la Garde-Freynel, , oĂą l’on rĂ©colte d’excellents et magnifiques marrons, et n’ayant Ă  Flassans aucun châtaignier, j’ai essayĂ©, il y a quelques annĂ©e, de greffer en fente au mois de mars quatre jeunes chĂŞnes. Une seule de ces greffes avait rĂ©ussi, mais pendant mon absence elle fut, Ă  mon grand regret, arrachĂ©e par des boeufs de labour. L’assurance que donne votre correspondant d’avoir pratiquĂ© et fait pratiquer cette greffe avec succès, me dĂ©termine Ă  renouveler l’expĂ©rience ; mais j’ai besoin d’une explication que vous jugerez sans doute utile de demander Ă  M. Lambert. On prend, dit-il, de jeunes chĂŞnes gros comme un doigt, que l’on coupe Ă  0m16 au-dessus du sol, pour y appliquer au printemps une greffe de châtaigniers. Une jeune chĂŞne gros comme le doigt me parait bien mince pour ĂŞtre greffĂ© en fente, et je craindrais beaucoup d’abimer ce frĂŞle sujet. S’il est question d’y placer un Ă©cusson, c’est diffĂ©rent, mais encore aurait-il fallu le dire, car la greffe en fente s’exĂ©cute ici en mars et octobre, et celle en Ă©cusson en mai et septembre. [F. de Saint-Charles, Flassans (Var), le 15 mars 1853] « 

Le n°9 de La vie des champs contient une communication Ă  vous faite par M. de Saint-Charles, de Flassans, relative Ă  ma note du 15 fĂ©vrier. Je pensais que l’opĂ©ration de la greffe Ă©tait en elle-mĂŞme trop simple pour nĂ©cessiter des dĂ©veloppements ; il est vrai qu’Ă  cet Ă©gard je m’en suis rapportĂ© Ă  l’habiletĂ© et Ă  l’expĂ©rience de mon jardinier. Voici donc comment nous nous y prenons. L’automne, après la chute des feuilles, nous extrayons d’un taillis voisin, de jeunes plants de chĂŞnes de toutes les grosseurs, indistinctement, depuis celle du petit doigt jusqu’Ă  celle du pouce et au delĂ , en ayant soin de conserver autant de racines que possible, et de prendre des sujets dont la partie infĂ©rieure au moins soit bien venue. Nous les plantons immĂ©diatement en pĂ©pinière, dans une bonne terre prĂ©parĂ©e d’avance, et en laissant autour de chacun d’eux un espace d’environ 0m50 en tous sens. Si la terre est sèche, nous arrosons, et tous nos pieds reprennent parfaitement, puis l’annĂ©e d’après deviennent fort vigoureux. Au printemps de la seconde annĂ©e, lorsque la vĂ©gĂ©tation a repris son cours, nous coupons la tige Ă  0m16 au-dessus du sol ; nous la fendons, et, au moyen d’un coin, nous en tenons les deux parties Ă©cartĂ©es l’une de l’autre, afin de pouvoir mieux introduire la greffe qui doit avoir Ă©tĂ© prĂ©alablement taillĂ©e. Le succès de l’opĂ©ration dĂ©pend de l’application exacte de l’Ă©corce de la greffe sur l’Ă©corce du sujet, de manière que l’une forme bien la continuation de l’autre. Pour cela il faut que les coupes soient nettes et les Ă©corces bien conservĂ©es sur leurs bords. Si le sujet est mince, nous lui donnons une greffe de la mĂŞme grosseur que lui. Dans ce cas, les Ă©corces correspondent ensemble sur les deux cĂ´tĂ©s de la fente ; si le sujet est gros, nous appliquons une forte greffe sur un seul des cĂ´tĂ©s. Enfin, nous couvrons toute la plaie de mastic entourĂ© de ligatures, dans le but de la prĂ©server de la pluie et du hâle. Disons encore que les greffes sont choisies avec soin et coupĂ©es plusieurs jours d’avance, pour ĂŞtre moins en sève que les sujets sur lesquelles elles doivent ĂŞtre placĂ©es. On conçoit que si la greffe offrait une vĂ©gĂ©tation plus avancĂ©es que celle du sujet, ce dernier ne lui donnant pas autant de sève qu’elle en a besoin, elle pĂ©rirait ; au lieu que si le sujet est plus en sève que la greffe, il lui communique facilement toute la nourriture nĂ©cessaire Ă  son dĂ©veloppement. Nous avons aussi fait une expĂ©rience avec la greffe en couronne, et elle nous a Ă©galement rĂ©ussi. Mais comme cette greffe est plus difficile Ă  pratiquer, elle est moins Ă  recommander que la prĂ©cĂ©dente, surtout aux personnes qui ont peu l’habitude. Nous insistons sur les soins Ă  donner après la greffe aux jeunes sujets ; ils sont les mĂŞmes que pour tout autre arbre fruitier.
LAMBERT, pasteur.

 

 

E. MARQUET, Annales de la sociĂ©tĂ© d’agriculture de Dordogne, 1881 « DE LA GREFFE DU CHATAIGNIER SUR LE CHENE ».

Il y a environ une vingtaine d’années, de différents points de la France, on signala le dépérissement des châtaigniers. Des arbres jusque-là vigoureux, sans cause apparente aucune, devenaient languissants, puis périssaient. Vainement, lors des premiers symptômes du mal, ces arbres atteints dans leurs racines étaient rabattus sur les grosses branches ou recépés jusqu’à terre ; les nouveaux jets, faibles et peu nombreux, ne tardaient pas à périr eux-mêmes. Depuis, d’année en année, le mal n’a fait que s’accroître et il tendrait à devenir un véritable fléau pour les contrées dans lesquelles les marrons forment l’objet d’un commerce considérable ou jouent un rôle important dans l’alimentation ; telles sont une partie de la Bretagne, le Limousin, l’Auvergne, le Languedoc et la Corse. Cependant, jusqu’à présent, aucun remède efficace et pratique n’a été, que je sache, indiqué contre le mal ; bien plus, les agriculteurs et les forestiers ne sont pas d’accord sur la cause qui le produit. Dans ces conditions, je crois donc rendre service aux premiers en attirant leur attention sur la greffe du châtaignier pratiquée sur le chêne. Vers 1840, pour la première fois, j’avais remarqué la facilité de la reprise de cette greffe et la vigueur de sa végétation ; depuis, maintes fois j’avais eu l’occasion de la pratiquer, mais toujours à titre de simple curiosité. Aujourd’hui, elle me parait devenue d’utilité réelle et appelée à se répandre rapidement partout où la culture du châtaignier a pour but principal la production du fruit. Mais quelle sera la qualité des marrons obtenus sur le chêne ? Évidemment, ces marrons seront identiquement semblables à ceux donnés par l’arbre qui aura fourni les greffons et sans modification aucune due à la sève spéciale des pères nourriciers. Dans la poire, dans la prune, dans l’abricot ou la pêche, qui reconnaîtrait le coing, la prunelle ou l’amande amère, productions naturelles des sujets avant l’opération de la greffe ? Ces jours derniers, M. Trochu, maire de la commune de Bruz, arrondissement de Rennes, me montrait, dans le jardin attenant à mon habitation , un chêne greffé il y a environ quinze ans, qui, chaque année, lui donne de beaux et excellents marrons. M. Trochu me disait également qu’il avait vu abattre par son père un chêne greffé quarante ans auparavant et dont les produits en marrons de qualité première avaient toujours été très abondants. Le châtaignier peut être greffé sur diverses variétés de chêne. Le chêne pédonculé, vulgairement appelé chêne blanc, à raison de son écorce plus lisse et de sa végétation plus rapide, me paraîtrait cependant devoir fournir les meilleurs sujets. Quant au mode de greffe à employer, il variera nécessairement suivant l’époque de l’année, la grosseur du sujet, l’habitude de l’opérateur. J’indiquerai tous les suivants comme pouvant donner un heureux résultat : greffe en écusson à œil dormant, en fente simple, en fente à l’anglaise, en couronne , à cheval, en flûte , eu flûte à sifflet, en flûte de faune ou à lanières.

 

 

 

 

BINON J. Reconstitution des châtaigneraies par la greffe du châtaignier sur le chêne . 1909

Il conseille la greffe sur chêne pédonculé, qui donne les meilleurs résultats.

La difficultĂ© est d’avoir un chĂŞne est un châtaignier dans le mĂŞme Ă©tat vĂ©gĂ©tatif pour procĂ©der selon sa mĂ©thode, qui se pratique vers la mi-avril. Or, le châtaignier part en vĂ©gĂ©tation plus tĂ´t que le chĂŞne.

Pour cela, soit il procède en mars Ă  la transplantation du châtaignier sur lequel seront prĂ©levĂ©s les greffons en vue de lui faire subir un stress et ainsi retarder sa vĂ©gĂ©tation. Soit conservation de greffons en cave fraĂ®che, les pieds dans l’eau.  Et on les mettra derrière une vitre bien ensoleillĂ©e, au chaud, un Ă  deux jours avant d’opĂ©rer, en vue de rĂ©veiller le greffon car un dĂ©collement de l’Ă©corce sera par la suite nĂ©cessaire (cette courte exposition au soleil et Ă  la chaleur est selon l’auteur suffisante).

Concernant le porte-greffe : il faut greffer sur du bois de deux ans maximum.

Il faut conserver une unique branche tire-sève 4 cm sous ce qui sera le lieu du point de greffe.

Le diamètre de la branche oĂą sera prĂ©levĂ© le greffon devra ĂŞtre sensiblement identique Ă  celui de l’endroit du porte-greffe oĂą l’opĂ©ration sera effectuĂ©e, car on va procĂ©der Ă  dĂ©coupe type greffe en sifflet.

On dĂ©capite le porte-greffe Ă  l’endroit voulu,  et on procède Ă  partir du haut de la dĂ©coupe vers le bas Ă  3 ou 4 incisions verticales de 2 cm de longueur (dont l’une d’elle sera orientĂ©e au nord).

On prend le rameau-greffon de châtaignier, on choisi un bel oeil, on fait une dĂ©coupe circulaire totale Ă  environ un peu moins d’un centimètre au dessous de l’oeil, la mĂŞme chose au dessus, et sur la face opposĂ©e de l’oeil une incision verticale qui relie les deux incisions circulaires. On extrait donc ainsi un cylindre (bien vĂ©rifier que l’oeil ne se vide pas lors de l’opĂ©ration).

On dĂ©colle les lanières sur le porte-greffe, on insère l’anneau (avec l’oeil qui passe dans la dĂ©coupe entre deux lanières orientĂ©e nord).
Ligature, masticage des plaies.

On protège l’œil du soleil (ombrage artificiel…).

L’œil va rapidement gonfler, puis stagner, pour ensuite partir en végétation.

Au fur et à mesure de la formation de la tige herbacée de châtaignier, on raccourcira peu à peu la branche tire-sève du porte-greffe.

 

 

M. Tricaud, élève de l’école d’horticulture de Versailles, 1913

Description des greffes hétéroclites. Comme pour toutes les greffes hétéroclites la soudure est meilleure en opérant sur des sujets nouvellement germés. D’un rameau en sève on détache un greffon qu’on taille en biseau double et qu’on insère dans une légère incision pratiquée immédiatement au collet de la jeune radicule sous les cotylédons ( ici un gland). Ligature simple, on maintient à une température de 10 à 15 degrés. Puis après soudure les placer en plein air. Le professeur, docteur Maxime Cornu, à propos de la maladie de l’encre, a émis l’idée du greffage du châtaignier sur le chêne et entrepris avec un certain succès des essais dans les pépinières du Jardin des Plantes. Au dire de M.L. Henry, chef des cultures, les chênes qui ont donné les meilleurs résultats comme sujets sont les espèces à gros fruits et à écorce bien lisse, tel Quercus Macrocarpa (chêne américain) ; le greffage qui lui paraît le meilleur est le greffage de germination, opération assez délicate.

 

Charles Le Gendre, Revue Scientifique du Limousin, 1931

M. Prunet a tenté de greffer du châtaignier sur le chêne et le hêtre qui résistent à la maladie de l’encre . Au début les greffes ont réussi, mais les arbres ont fini par mourir parce qu’il n’y avait pas une affinité suffisante entre le greffon et le sujet.

 

M. TRICAUD, pĂ©piniĂ©riste, « LE CHATAIGNIER ET LE NOYER », 1942

« La greffe des châtaigniers exotiques est plus dĂ©licate. On la rĂ©ussit mieux en pied qu’en tĂŞte par le procĂ©dĂ© en incrustation ou fente au collet et sous verre sur plant en germination. Les variĂ©tĂ©s japonaises rĂ©ussissent mieux sur notre châtaignier europĂ©en que ce dernier ne rĂ©ussit sur plant exotique.

 

Greffe embryonnaire dite “de germination”

Greffe dite « de germination »
Dans la nature, le gland qui germe envoie une racine vers le sol. Elle durcit très vite et elle libère extérieurement , mais au ras des cotylédons, la tigelle. Cette dernière se lignifie très vite au collet ; Et c’est à ce niveau que se fait la greffe sur une zone moins fragile qu’il y paraît.

 

 

 

E. Langevin et Jean Noel, « La greffe des arbres et de arbustes », Ă©ditions Rustica (1962)

Pour le greffage embryonnaire du châtaignier sur chêne, détacher des bourgeons herbacés sur des rameaux de châtaignier en sève et les insérer sur les radicules des glands en germination en pratiquant une incision.

Sujets :

ChĂŞne Mirbeck (Naudin, Ă  Antibes).

Chêne sessile (Maxime Cornu, au Muséum [lequel ?]).

 

R. Heitz et C. Jacquot « Ă‰tude anatomique de la greffe d’un châtaignier sur chĂŞne » Centre technique du bois, Annales des sciences forestières, 1972.

Dans le cadre de ce mĂ©moire, les auteurs nous livrent plus d’informations sur la fameuse greffe de châtaignier sur chĂŞne du jardin botanique de Dijon, ainsi qu’un rappel historique sur diverses expĂ©rimentations :

Des greffes de ce type avaient Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es dans le courant du siècle dernier au jardin botanique de Dijon. Les notes lĂ©guĂ©es par le regrettĂ© Directeur Philibert GUINIER, Membre de l’Institut, nous ont permis, avec l’obligeant concours de M. POINSOT, Directeur du Jardin botanique de Dijon, de rĂ©unir la bibliographie concernant l’historique des greffes de châtaignier sur d’autres essences, en particulier sur chĂŞne pĂ©donculĂ© ou sur chĂŞne-liège. BAUDOT1 signale que les greffes de châtaignier sur des sujets d’autres essences Ă©taient sans doute dĂ©jĂ  connues dans l’antiquitĂ© et cite Ă  ce propos deux vers des GĂ©orgiques [...]. L’abbĂ© de SAUVAGES aurait rĂ©ussi vers le milieu du 18è siècle des greffes de châtaignier sur chĂŞne. D’après DHOMBRES certains de ces arbres produisaient des châtaignes dans des stations Ă  roche-mère calcaire, impropres au châtaignier, essence nettement calcifuge.
Le châtaignier-chĂŞne de Dijon a Ă©tĂ© obtenu par une greffe rĂ©alisĂ©e en 1839 par MELINE jardinier en chef du jardin botanique de Dijon suivant la technique dĂ©crite en dĂ©tail par WEBER2 : un sujet de chĂŞne pĂ©donculĂ© (Quercus pedunculata Ehr.) obtenu par semis en 1835 et âgĂ© de 4 ans, avait Ă©tĂ© greffĂ© en fente Ă  40 cm du sol avec un greffon de châtaignier. D’après le mĂŞme auteur, cet arbre avait dĂ©jĂ  atteint en 1867 une circonfĂ©rence de 1m. Il vĂ©cut jusqu’en 1946, date Ă  laquelle il fut abattu.

 

 

Maurice CHAUDIERE « ForĂŞts Fruitières », Ă©ditions du Dragon Vert (199x)

Photographies de greffes « classiques » de châtaignier sur chĂŞne vert et chĂŞne pubescent, mais pas d’informations techniques prĂ©cises sur la mĂ©thode.

 

2. Un spécimen de châtaignier greffé sur chêne.

Le spĂ©cimen du Jardin Botanique de Dijon n’existant plus, voici les photographies d’un autre châtaignier greffĂ© sur chĂŞne, dans la Sarthe, Ă  Saint Mars d’OutillĂ©, lieu-dit les Proulières est Ă  2 km du village par la RD 140. La greffe date de 1910, rĂ©alisĂ©e par M. Gaston Chevereau. Greffe en fente, point de greffe Ă  2 mètres du sol. Pas d’indication sur la nature du porte-greffe, les chĂŞnes environnants sont des chĂŞne rouvre.

 

 

Châtaignier greffé sur chêne

 

 

Châtaignier greffé sur chêne à Saint Mars d’Outillé

 

 

Châtaignier greffé sur chêne à Saint Mars d’Outillé

 

 

 

 

3. Vers un projet d’expérimentation de la greffe du chataignier sur chêne.

De par l’aspect incomplet ou parfois contradictoire de certains des documents, il parait intéressant de procéder à une expérimentation complète et rigoureuse de la greffe du châtaignier sur chêne.

L’ensemble des documents ainsi récoltés montre deux approches différentes de la greffe du châtaignier sur chêne. L’une étant un greffage classique (greffe de rameaux ou greffe d’oeil), l’autre étant un greffage dit embryonnaire, sur gland en germination.

L’expérimentation portera sur les deux approches.

Pour le greffage embryonnaire, les essais seront réalisés avec des tigelles de châtaignes germées ou des rameaux herbacés prélevés sur châtaigniers.

Pour le greffage « classique », diffĂ©rentes mĂ©thodes seront essayĂ©es (en fente simple, cadillac, anglaise, chip-budding…) Ă  divers stades de vĂ©gĂ©tation, environ tous les quinze jours sur la pĂ©riode de faisabilitĂ© de chaque type de greffe. L’état et la nature du porte-greffe seront notĂ©s (repos vĂ©gĂ©tatif, dĂ©but de dĂ©bourrage, dĂ©bourrage ; diamètre du sujet, porte greffe utilisĂ© (chĂŞne pubescent, macrocarpa…)).

Cette expérimentation se déroulera sur plusieurs années.

Je vous en informerai au fil du temps sur cette présente page.

 

 

 

4. Les essais de greffe en 2007.

Une centaine de greffes de châtaignier sur chêne pubescent : échec total.
Greffe en fente, anglaise, couronne, cadillac.

Greffes effectuĂ©es avec du bois d’un an. Comme la greffe du chĂŞne sur chĂŞne ne semble tolĂ©rer au niveau du point de greffe que du bois de deux ou trois ans (Baltet, La pĂ©pinière), je tenterai l’an prochain des greffes châtaignier (bois de deux ans) sur chĂŞne pubescent.

Concernant la greffe dite embryonnaire, le châtaignier pousse bien plus vite que le chĂŞne. Ayant semĂ© les deux au mĂŞme moment, les diamètres n’Ă©taient pas compatibles. Il convient de forcer, un Ă  deux mois avant, le semis de chĂŞne.

5. Les essais de greffe en 2008.

Pour en avoir le coeur net, en avril 2007, j’avais greffĂ© par approche un châtaignier et un chĂŞne pĂ©donculĂ©, chacun âgĂ© de deux ans de semis.  La ligature a Ă©tĂ© conservĂ©e jusqu’Ă  l’hiver. Au printemps, lorsque les deux parties unies commençaient Ă  dĂ©bourrer, j’ai procĂ©dĂ© Ă  un sevrage progressif de la partie basse du châtaignier. Une fois le sevrage terminĂ© et le châtaignier Ă©tant uniquement alimentĂ© par la sève du chĂŞne, l’association a bien survĂ©cu une dizaine de jours, mais a ensuite dĂ©pĂ©rit.

 

Greffe de chataignier sur chene

 

 

 

 

6. Conclusion (2011)

Après des centaines d’essais, toutes mĂ©thodes confondues, il n’a Ă©tĂ© obtenu qu’un rĂ©sultat Ă©phĂ©mère sur les rares plants ayant prĂ©sentĂ© un signe de reprise.

La rĂ©ussite de la greffe du châtaignier sur chĂŞne semble relever de l’exceptionnel, un dĂ©fit pour le greffeur amateur.

Il n’y a donc aucune utilisation agronomique courante Ă  en espĂ©rer.

 

P.-S.

Si vous avez de la documentation sur la greffe du châtaignier sur chêne, de l’expérience à partager, ou souhaitez participer à l’expérimentation, n’hésitez pas à nous contacter

  1. BAUDOT A. Le Châtaignier-chêne du Jardin Botanique de Dijon. Bull. Sci. pharmacol., 14, janvier 197, p4-11 [↩]
  2. WEBER J-B . Châtaignier greffĂ© sur chĂŞne au jardin botanique de Dijon. Bull. soc. Horticulture. CĂ´te d’Or, 1867, p. 330-3 [↩]