La greffe en chip-budding fait partie des greffes dites « à oeil », tel l’écussonnage. Elle peut s’effectuer à oeil poussant ou à oeil dormant.

Ses atouts par rapport à l’écussonnage nous incitent à vanter ses mérites.

 

Tout d’abord, voici comment cette greffe se réalise :

 

Préparation du porte-greffe

 

On laissera la végétation se développer au dessus du point de greffe le temps que la greffe prenne, donc le porte-greffe ne devra pas être décapité. Par contre, on aura préalablement supprimé toute végétation située en dessous de la zone à greffer.

 

Découpe du porte-greffe

chip budding

 

On procède sur une surface plane du porte-greffe à une première incision à environ 60° vers le bas dans le porte-greffe, sur une profondeur de 2 à 3 mm environ [1].

De façon identique, 2 à 3 centimètres plus haut, on pratique exactement la même entaille [2], sauf qu’on poursuit la coupe en vue de rejoindre l’entaille initiale [3].

 

On ôte le morceau ainsi découpé, et on obtient ceci :

 

chip budding

Sur les différents schémas, les traits vert-foncé symbolisent
les zones génératrices à mettre en contact
en vue d’obtenir une soudure de la greffe.

 

 

 

 

 

Chip budding

 

Découpe du « chip » greffon

On pratique exactement la même découpe sur le rameau greffon, mais cette fois-ci de part et d’autre d’un oeil, en veillant à avoir les mêmes dimensions 1 :

 

chip budding

 

chip budding

 

On extrait le fameux « chip » (copeau) :

 

 

 

chip budding

 

 

Chip bud

 

 

Mise en place et ligature

Il ne reste plus qu’à placer le chip prélevé dans l’encoche réalisée dans le porte-greffe.

 

Placage du chip budding

 

On procède ensuite à une ligature, en ne couvrant pas l’oeil.

 

Ligature au flexibande

 

 

Soins post-greffage

 

A oeil poussant : Au bout de trois semaines (avec porte-greffe en végétation, plus si le porte-greffe était dormant), on décapite le porte-greffe au dessus du point de greffe, et on mastique la plaie. Cela forcera le départ en végétation de l’oeil greffé.

 

A oeil dormant : on retire la ligature environ 6 semaines après le greffage. Au printemps suivant, au départ en végétation de l’oeil, une fois qu’il aura émis un début de tige herbacée, on décapitera au dessus et on mastiquera la plaie. Si l’oeil ne veut pas partir en végétation mais est toujours d’aspect sain et vivant, on décapitera et mastiquera la plaie pour forcer le départ en végétation de l’oeil..

 

Quels sont les atouts de cette greffe ?

 

Pas de nécessité de décollement du bois, et donc n’exige pas que le porte-greffe soit en pleine sève alors que c’est nécessaire pour une greffe en écusson.

De plus, contrairement à ce qu’annoncent de nombreux ouvrages, cette greffe ne se limite pas plus ou moins aux périodes où on réalise l’écussonnage. Elle est pratiquement réalisable depuis la sortie de l’hiver jusqu’à l’automne. Elle peut aussi se pratiquer sur porte-greffe dormant.

Pendant la première période de végétation (de la sortie de l’hiver jusqu’au stade de pousses semi-herbacées de l’année), on greffera à oeil poussant (c’est à dire que le chip sera prélevé sur un rameau conservé au repos) sur un porte-greffe dormant ou parti en végétation.

Pendant la deuxième période de végétation (du moment où les rameaux de l’année s’aoûtent jusqu’aux prémices de la chute des feuilles), on greffera à oeil dormant (c’est à dire que le chip sera prélevé au moment même du greffage).

Elle est techniquement simple et rapide à réaliser.

Elle permet d’utiliser des greffons en état de stress hydrique.

Tout comme pour l’écussonnage, elle limite le matériel végétal utilisé (un seul oeil à prélever) sans avoir à risquer de vider un oeil. On peut réaliser plusieurs greffes sur le même porte-greffe.

Elle offre de très bons taux de reprise.

Elle ne nécessite pas de post-traitement après application du bourgeon (contrairement à l’écusson où il faut essayer de bien le plaquer pour ne pas avoir de vide).

Elle peut être utilisée sur de gros diamètres, pour faire du surgreffage (particulièrement la vigne).

 

Astuce

Les personnes les plus rigoureuses découpent en premier le chip dans le rameau greffon, mesurent (à l’aide d’un pied à coulisse ou d’un petit outil fabriqué pour ce besoin) l’espacement des parties génératrices au dos du chip, réalisent une première découpe dans le porte greffe de la hauteur du chip, et progressivement augmentent la profondeur de la coupe jusqu’a ce que l’espacement des parties génératrices de la découpe soit identique à celle du chip. On aura ainsi un ajustement parfait entre chip et porte-greffe.

 

 

Variantes du chip-budding

Même s’il est préférable de faire un chip bien dimensionné, ce n’est pas obligé d’être parfaitement adapté à la découpe de l’encoche dans le porte-greffe.

 

Cas où la découpe du greffon est plus petite que la découpe du porte-greffe

Il se peut que vous obteniez un chip plus petit que la découpe réalisée dans le porte-greffe.

1er cas : la découpe du chip est un peu plus petite que la découpe du porte-greffe, ce qui arrive souvent lors d’une mauvaise manipulation.

 

Chip budding

 

 

 

Dans ce cas là, on aligne les parties génératrices que d’un côté du chip.

 

2ème cas : on a un rameau greffon si frêle qu’on ne peut obtenir que des chip minuscules :

 

Double chip-budding

 

On pratique alors un double chip-budding : on met deux mini-chip dans une seule encoche. Chaque mini-chip est aligné sur ses faces externes qui coïncident avec les parties génératrices du porte-greffe.

 

 

Photographies de chip-budding

 

Greffe en chip budding, chip bud graft

 

Greffe en chip-budding oeil poussant de châtaignier, réalisée sur un porte-greffe encore en repos végétatif. Comme quoi on peut bien réaliser un chip-budding en dehors des périodes d’écussonnage !

 

 

Chip-budding

Lorsque le chip est plus petit que l’encoche et n’épouse pas entièrement la découpe, il se forme un cal cicatriciel.

  1. les débutants peuvent commencer par découper le chip en premier, et ensuite le présenter devant le porte-greffe pour prise de dimensions de découpe []