Porte-greffes :

– franc de Azalea sinensis (Azalée de Chine), pour variétés Chinoises ou Japonaises caduques

– franc de Azalea mollis, pour variétés Chinoises ou Japonaises caduques

– franc de Azalea pontica (Azalée pontique), pour variétés Américaines ou Asiatiques caduques

– bouture ou franc de Azalea indica (Azalée de l’Inde), pour variétés d’Inde à feuillages persistants, de serre ou d’orangerie.

– rhododendron pontique pour les pays du Nord.

 

Méthodes de greffage :

– placage, sous verre, en mars-avril ou juillet- août.

– demi-fente, sous verre, en mai-juin ou août.

– chip budding oeil poussant ou oeil dormant.

 

Remarques :

Les Azalées de pleine terre se propagent généralement par le marcottage ; cependant on greffe les variétés rares ou peu fournies de bois pour le couchage.

L’Azalée pontique recevra la greffe des espèces Américaines et Asiatiques à feuilles caduques ; celles-ci (Azalea sinensis, Alzalea mollis) donneraient de bons plants par le semis, mais on préfère les garder pour la culture de pied franc et greffer la variété à propager sur l’Azalée pontique, espèce moins intéressante en fleurs.

L’Azalée de Chine s’obtient à tige, soit naturellement, soit par son greffage sur une variété vigoureuse d’Azalée pontique, ou même de Rhododendron pontique. L’Azalée pontica invectissima fournit par le semis des plants vigoureux pour la culture directe ou pour l’élevage des sujets à tige.

Greffer au mois d’août, en placage ou en demi-fente, au collet du sujet ; le greffon est semi-ligneux, et ses feuilles lui sont conservées ; opérer rapidement pour qu’il ne puisse faner. La greffe au printemps réussit mal.

Ces deux espèces, Azalée pontique et Azalée de Choine, sont préférables de pied franc, par couchage ; robustes en pleine terre, elles ont résisté à -25°C.

L’Azalée de l’Inde, à feuille persistante, riche en variété florales dites de serre ou de jardin d’hiver, se multiplie par les méthodes suivantes :

– la méthode Gantoise : En hiver, on bouture les sauvageons en serre chaude ou tempérée (+12 à +15 °C), sous cloche ou en bacs recouverts d’une vitre, et dans du sable pur. On emploie, comme bouture, les bourgeons recueillis sur le sujet ayant un an de greffe, vers février ou mars, alors qu’ils ont de 4 à 6 cm de longueur, et l’on en met 15 par potée. En mai, du 10 au 20, suivant la température, les boutures racinées sont plantées en pleine terre de bruyère ou dans un terreau de feuilles ou d’aiguilles de sapin. Au mois d’août ou en septembre, relever les plants les plus forts et leur donner des pots de 6 cm ; les gros greffons leur sont réservés. Quinze jours après, du 15 août au 30 septembre, pratiquer la greffe. Le plant à 15 cm est convenable : trop faible, il sera opéré au collet ou ajourné au printemps. Le greffage d’automne ou d’hiver se fait à froid, avec +6 à 8°C au plus. Le mode plutôt employé est la demi-fente herbacée. couper la tête du sujet dans la partie encore tendre, en face d’une feuille ; le greffon est choisi dans les mêmes conditions, semi-herbacé, suffisamment aoûté, sans être ligneux. Ligaturer en quatre ou cinq tours, sans engluement. Les plants greffész sont placés droits sous cloche ou inclinés sous châssis, tenus hermétiquement fermés, avec une humidité suffisante sous le verre et une température de +15°C. Au bout de quatre semaines, en août, et de cinq à six semaines en septembre, les greffes sont soudées ; alors on peut commercer l’aération, sauf aux greffes tardives ou faibles. En hiver, les Azalées veulent une serre bien éclairée, des arrosements réguliers, une température s’élevant de 0 à 3 ou 4 °C pendant qu’il gèle, et avant le chauffage de la plante. Les jeunes greffes sont mises en pleine terre le plus tôt possible, en mai, et préservées des gelées tardives au moyen de nattes placées le soir des journées claires. Il ne faut pas ménager le soleil et l’eau, ni l’engrais liquide (bouse de vache délayée). Le pincement des jeunes plantes, répété trois ou quatre fois, fournit une tête ramifiée. En octobre, premier rempotage pour passer l’hiver en serre. Un pot de 11 à 12 cm convient à une Azalée d’un an de greffe. Les sujets porte-greffes sont l’Azalea phoenicea, qui produire des plantes fortes, comme l’Azalea concinna, approprié aux végétations plus modérées, quelques maisons de Belgique sont satisfaites des sujets Azalea macrantha et Azalea Verschaffeltii.

– la méthode Versaillaise : Offrant beaucoup d’analogie avec la précédente. Le sujet est un Azalea phoenicea ou Azalea concinna. Le mode de grefffage est la demi-fente entre parties ni trop dures, ni trop tendres. Ligature au coton bouclé ; enfin mise sous verre du plant greffé, penché obliquement, le point d’assemblage étant en dessus et non en dessous. En dehors du bouturage à chaufd, l’opération à froid faite en août-septembre, par clochées de 200, réussit encore. Le plant-bouture aura sa feuille tronquée, sa base plongées d’abord dans l’eau de tabac, puis à peine enfoncée en terre ; éviter l’écimage du sujet lors de la mise en godet et le séchage du plant ou du greffon.

– la méthode Angevine : Les sujets sont de l’Azalea phoenicea, le meilleur type, ou de l’Azalea rosea elegans, à tige vigoureuse. On choisit les sujets âgés d’un an ; la greffe en demi-fente sera pratiquée sur le bois déjà lignifié, quoique étant encore en végétation. L’opération se fait en mai-juin, plus souvent dans la deuxième quinzaine de septembre, en serre tempérée et sous cloche, ou sous châssis d’un mètre carré, placé dans une serre fermée ; mais l’étouffée sous cloche est le procédé le plus usité. Voici quelques précautions nécessaires après le greffage : 1/ Sous châssis. Le plant greffé est placé assez près du verre, même à toucher le verre. Chaque matin, le châssis sera levé légèrement; on donnera un doigt d’air pendant une demi-heure, pour permettre l’évaporation de l’humidité, puis la plante sera recouverte. 2/ Sous cloche. Ici encore, tous les matins, on lève la cloche, la buée est essuyée et la plante reste à découvert pendant une demi-heure. Lorsqu’il y a disette de sujets de bouture, on couche en avril ou en mai de grosses touffes d’Azalea phoenicea : les bourgeons produisent alors, en septembre, des plants de 20 à 30 cm de haut, forts, que l’on peut greffer à mesure qu’on les lève de la pleine terre. Une fois les greffes soudées, après les soins indiqués précédemment, les plantes restent en pleine terre dans le châssis froid, jusqu’au mois de mai, et elles pourront y rester pendant dix-huit mois.

L’Azalée de l’Inde en pleine terre. Sous le climat privilégié de Cherbourg, l’Azalée de l’Inde se propage par marcotte ; on greffe seulement les variétés nouvelles ou à fleurs panachées. Le mode de greffage est le placage sur plant levé en motte. On opère en juillet, sous châssis froid, et l’on tient les greffes à l’ombre.

L’Azalée de l’Inde, robustes au froid. Les Azalées Ameona rosea et pulchella, Aphrodite, Beali rosea, Fortunei, Madame Wagner, Mélusine, Mozart, Marcissiflora, Obtusa, Prolifera, Souvenir de l’Exposition, Thaclean les Vittata alba, rosea, punctata, qui ont bravement supporté des -25°C, en conservant indemnes leurs rameaux et boutons à fleur, se propagent par la bouture d’août, sous cloche, et par la greffe sur petite tige rustique.

Greffage de l’Azalée sur Rhododendron : Les sujets précités ayant l’inconvénient de succomber sous les rudes climats de l’Europe septentrionale, l’établissement Seidel de Dresde, a choisi pour sujet le Rhododendron coelestinum, syn. Cunninghams’ White, qui résiste dans ces conditions et se montre sympathique à l’Azalée. Ce plant est une bouture racinée de quinze mois, faite en décembre, sous verre, avec la chaleur de fond, de 20° à 25° et d’atmosphère, de 12° à 18° ; puis empotée et amenée en plein air au mois d’avril. On le rentre en novembre pour le greffer en janvier, assez haut, à l’anglaise simple, le greffon affleurant le tronc du sujet, et ligaturé à la laine ; deux mois après, la soudure est faite. En avril, livrer la plante à la pleine terre sous châssis, délainer et pincer le plant. Deux ans après, l’arbuste est ramifié.

(Ce texte, comme beaucoup d’informations de la rubrique « Greffage des ornementales » du site, sont issues des livres de Charles Baltet).